— juin, 23 2021

La conciliation médicamenteuse, une chance de plus pour le patient

La conciliation médicamenteuse, une chance de plus pour le patient

Le médicament est l’une des principales armes du médecin. Son bon usage est garant d’un gain de chance pour le patient. A contrario, le cumul des prescriptions, l’automédication et la phytothérapie peuvent aboutir à une multiplication des interactions. L’éducation thérapeutique permet de rendre le patient expert, mais comment faire quand les pathologies et les médicaments s’accumulent et rendent le sujet extrêmement complexe ? Comment rendre le patient encore plus acteur de sa santé et limiter la iatrogénie ?

La iatrogénie n’a que trop de place dans les hospitalisations, jusqu'à 25% selon la HAS (Haute Autorité de Santé). Elle peut avoir plusieurs sources comme l’allongement du nombre de médicaments prescrits ou la méconnaissance des patients envers leurs traitements. 

La conciliation médicamenteuse prend alors tout son sens. La HAS la définit comme une démarche de prévention et d’interception des erreurs médicamenteuses qui repose sur la transmission et le partage des informations complètes et exactes des traitements du patient entre les professionnels de santé à tous les points de transition

Elle consiste  d’une part à recueillir les informations directement auprès du patient et de recouper ces informations avec les dispensations de sa pharmacie. Parfois le patient est non seulement expert de ses pathologies mais également de ses traitements. Il sait comment les adapter en fonction de ses dosages sanguins et sait quand il doit faire un point anticipé avec son médecin. Ce n’est cependant pas le cas de tous les patients. 

Nombre de témoignages remontent une observance relative avec des traitements pris au hasard en fonction de la couleur ou de la forme des comprimés. D’autres rapportent des automédications, des prises chroniques de phytothérapies ou d’inhibiteurs enzymatiques, comme le très connu jus de pamplemousse rentrant en interaction avec leurs traitements. C’est dans ce contexte que la conciliation médicamenteuse prend tout son intérêt. 

A leur arrivée, les patients sont questionnés sur leurs habitudes vis à vis de leurs médicaments, leurs ordonnances et leurs prises annexes, leurs connaissances… La pharmacie du patient est également mise à profit pour s’assurer que d’autres prises n’ont pas été oubliées. Ces informations sont croisées avec le Dossier Médical Partagé s’il a été activé. 

Cette conciliation permet dans un premier temps de s’assurer de la continuité des traitements initiés en ville avec des médicaments disponibles au livret thérapeutique de l'hôpital. Elle permet également, à la suite d’une réunion multidisciplinaire, d’identifier les médicaments n’étant plus utiles, simplifier au maximum les ordonnances et ainsi diminuer la iatrogénie. Dans les cas des patients polymédicamentés, polypathologiques et/ou ayant eu un séjour long à l'hôpital, il peut également y avoir une conciliation médicamenteuse de sortie.

Malgré une efficacité avérée, la conciliation médicamenteuse reste assez artisanale et chronophage. 

Comment alors améliorer l’efficience de la conciliation médicamenteuse, la standardiser, garantir une prise en charge optimisée du patient et simplifier ses lignes de traitement ? 

Un outil tentant de répondre à cette problématique est déployé à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière de Paris. L’association de Synapse Medicine et Thériaque permet ainsi d’apporter encore plus d’informations au soignant pour une prise en charge la plus optimale possible du patient. 

Son but est simple : standardiser l'interrogatoire pour gagner en efficience puis croiser les informations recueillies pour mettre en exergue les interactions, les déviances de posologies et rattacher certaines associations médicamenteuses ayant potentiellement conduit à l’apparition d’effets indésirables source de l’hospitalisation. 

Gagner du temps à ce niveau permet entre autres, de libérer du temps de spécialistes qui pourront ainsi soit augmenter leur temps de soin et se concentrer sur des cas plus complexes. 

Simplifier la conciliation pour améliorer son efficience et pouvoir élargir l’accès à ce service semble être extrêmement bénéfique, bien évidemment pour le patient,  mais également pour le système de soin en général. 

L’interconnection des données et notamment par l’activation du DMP permettra à terme de diminuer la iatrogénie et donc de limiter les admissions en hospitalisation d’urgence qui en découlent

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