Article— mars, 15 2021

La plateforme Synapse, un outil clé en main pour le suivi des patients sous chimiothérapies orales (Article 51)

Accompagnement médical des patients sous chimiothérapie orale.

L’Institut Bergonié, Centre de Lutte contre le Cancer (CLCC) de la région Nouvelle-Aquitaine, et Synapse Medicine, start-up spécialisée dans le bon usage du médicament, ont décidé d’allier leurs expertises pour mettre la technologie d’intelligence artificielle de Synapse Medicine au service de la pharmacie clinique

Le but : optimiser la qualité et la sécurité de prise en charge des patients, tout en renforçant le lien ville-hôpital.

Cette collaboration permet également d’avancer ensemble sur des projets innovants afin de mettre en place des solutions fiables et pertinentes.  C’est le cas dans le projet d’expérimentation de suivi à domicile des patients sous anticancéreux oraux, porté par un  Article 51.  

Au cours d'un webinaire le 2 mars 2021, Barbara Lortal, docteur en pharmacie et chef de service de la PUI de l’Institut Bergonié et Iris Pujade, docteur en Pharmacie et chef de produit chez Synapse Medicine, ont exploré le sujet de l’article 51 et la réponse apportée par la plateforme Synapse. 

Plus de 50% des personnes inscrites ont pu y participer en direct. 

 

Le cancer, une maladie qui progresse

Depuis les années 1980, le nombre de cas de cancer a doublé : avec 400 000 nouveaux cas en 2017, ils représentent en France la première cause de décès chez l’homme et la deuxième chez la femme. Diagnostiqués plus efficacement et de plus en plus tôt, la prise en charge des patients atteints de cancer évolue. 

La chimiothérapie orale connaît un réel essor puisqu’un patient sur deux sera bientôt concerné par ces thérapies. Ce nouveau type de traitement transforme la prise en charge du patient puisqu’elle ne requiert pas sa présence au sein de l’établissement de santé et peut s’effectuer au domicile. Ce mode d’administration moins contraignant pour les patients soulève cependant des questions pour les différents acteurs impliqués : 

  • Pour les patients qui deviennent les uniques responsables de la prise du traitement
  • Pour les professionnels de santé  qui doivent changer leurs pratiques afin de pouvoir les accompagner à distance
  • Pour les établissements de santé qui doivent trouver de nouvelles organisations et se coordonner pour pouvoir assurer la qualité de la prise en charge et l’accompagnement du patient.

Dans ce contexte, il est essentiel de pouvoir répondre aux enjeux qui concernent la responsabilisation du patient, la répartition des tâches entre la ville et l’hôpital et la coordination entre les différents acteurs concernés.

 

L’article 51, une démarche centrée sur le patient

 

Dans son article 51, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 a introduit un dispositif permettant d’expérimenter de nouvelles organisations en santé. Celles-ci ont pour objectif l'amélioration du parcours des patients, l’efficience du système de santé, l’accès aux soins ou la pertinence de la prescription des produits de santé. 

Cette démarche est une réelle opportunité pour tester de nouvelles approches, axées sur une nouvelle organisation du suivi à domicile des patients sous anticancéreux oraux. Impliquant une trentaine d'établissements, elle concerne la mise en place d’un circuit pluriprofessionnel ville-hôpital appuyé par des échanges réguliers avec le patient qui est acteur et impliqué dans son suivi. 

Ce circuit est centré sur la primo-délivrance du traitement, la surveillance de l’observance par le patient et le suivi des effets indésirables à domicile.

Le déroulement du processus sera construit par séquences :

1. Une première séquence d’un mois pour l’initiation du traitement : 

  • Dans un premier temps, la primo-prescription est tripartite entre médecin, infirmier et pharmacien hospitalier. Elle est suivie d’échanges entre l’hôpital et la ville pour l’inclusion du patient dans le processus (qui peut être accepté ou non par l’officine qui délivrera le traitement). Une fois inclus, l’accompagnement éducatif et le suivi du patient est alors mis en place.
  • La pharmacie clinique est dans cette première séquence partagée entre ville et hôpital par la conciliation médicamenteuse, la réalisation d’entretiens patients et le suivi des effets indésirables du patient. 

Déroulement chronologique de la première séquence d'initiation du traitement.

2. Une seconde séquence d’une durée de trois mois : 

  • L’oncologue renouvelle mensuellement la prescription du patient. Un suivi des effets indésirables, des interactions médicamenteuses et de l’observance est effectué avec des échanges avec l’infirmier de coordination. 
  • Si le patient suit correctement le traitement, qu’il est stable et que les effets indésirables sont bien gérés et tolérés, il est possible de passer à l’étape suivante. 
  • Si non, il est possible de renouveler plusieurs fois la deuxième séquence si les professionnels de santé le jugent utile.

Déroulement de la seconde phase basée sur le renouvellement de la prescription et le suivi hebdomadaire du patient.

3. Une troisième séquence d’une durée de 6 mois : 

  • Le traitement est renouvelé tous les trois mois. 
  • Le suivi des effets indésirables, des interactions médicamenteuses et de l’observance est analogue à la phase précédente mais allégé.
  • Le patient peut bénéficier de consultations alternées entre l’oncologue et le médecin traitant.
  • Il est possible de retourner à l’étape précédente si le patient est jugé instable.

Déroulement de la troisième phase avec allègement du suivi sous format mensuel.

Le but ultime de ce projet est donc de sécuriser la prise en charge des patients par chimiothérapies hors de l’hôpital tout en optimisant le succès des traitements et la qualité des soins.

L’amélioration de la qualité du suivi du patient à domicile est au cœur de cette expérimentation pour limiter au maximum les complications et par extension la consommation de soins (hospitalisations, consultations non programmées, etc …) et biens médicaux qui y sont liés. Pour cela, il faut agir sur les différents leviers que sont l’observance et l'adhésion du patient en autonomie à son traitement grâce à un accompagnement éducatif, la limitation des effets indésirables avec un repérage précoce, et la synchronisation entre la ville et l’hôpital.

Ce système nécessite la participation active de tous les acteurs impliqués dans le processus pour un accompagnement optimal du patient.

 

Le déploiement de cette expérimentation est prévu pour octobre 2021 sur un périmètre national sur 33 mois, en 2 phases :

1. La phase pilote impliquant 24 établissements : pour à la fois tester les circuits de facturations et les forfaits pour vérifier s’ils couvrent tous les enjeux économiques, mais aussi définir le temps passé par chaque professionnel de santé pour chaque patient. 

2. La phase d’expérimentation de 24 mois réalisée sur 45 établissements : pour démontrer la viabilité de l’interopérabilité ville/hôpital, l’efficience du suivi et de la reproductibilité inter-centres du modèle organisationnel et financier.

 

La plateforme Synapse en réponse à l’Article 51

 

Fort de ses nombreuses collaborations avec des établissements de santé et institutions publiques, c’est tout naturellement que Synapse Medicine s’est investi sur le projet d’Article 51.

En réponse au cahier des charges, Synapse Medicine propose une plateforme complète, dont les modules en cours de validation clinique, remplissent des exigences de qualité (respect des critères du RGPD et hébergement chez un hébergeur de données de santé européen) et s’intègrent aux différentes phases du processus d’expérimentation. 

La volonté de Synapse : faire preuve d'adaptabilité et de souplesse pour proposer une plateforme adaptée aux besoins des acteurs impliqués dans le suivi des patients sous chimiothérapie orale et interopérable avec les outils déjà utilisés au quotidien par les professionnels de santé.

1. Pour les professionnels de santé

La plateforme Synapse répondra aux différents enjeux des séquences en aidant les professionnels de santé dans la prise en charge médicamenteuse des patients en facilitant  : 

  • Le partage des informations initiales et de suivi patient entre l’hôpital et la ville
  • L’analyse des traitements afin d’ anticiper et d’éduquer sur les potentiels risques médicamenteux
  • La réalisation d’une conciliation médicamenteuse afin d’optimiser le traitement
  • La réalisation de bilans partagés de médication et d’entretiens patients
  • Le suivi de l’observance et des effets indésirables du patient

Grâce à cet outil interactif, il sera possible d’échanger de la documentation directement sur la plateforme mais également via messagerie sécurisée entre l’ensemble des professionnels de santé impliqués dans la prise en charge du patient pour assurer le suivi à domicile.

La plateforme se base sur une agrégation de sources officielles de santé comme le thésaurus de l’ANSM, DDI Predictor et Liverpool pour les interactions médicamenteuses. Mais également la base de données Thériaque ou encore les critères STOPP concernant les personnes âgées. 

La plateforme est constamment enrichie de nouvelles sources pertinentes, afin de  proposer l’information  la plus exhaustive possible sur les médicaments en un seul et même endroit. 

2. Pour les patients 

L’application dédiée au grand public assistera également les patients dans leurs parcours de soin pour une meilleure compréhension et gestion de leurs traitements. Avec Synapse, ils ont accès en quelques clics à de l’information fiable et utile sur les médicaments avec des fonctionnalités telles que des fiches d’informations sur leurs traitements ou encore des analyses d’ordonnances.

Les patients pourront également faire des déclarations d’effets indésirables sur Synapse. Cette fonctionnalité permet de prioriser l'analyse des effets indésirables pour les professionnels de santé, grâce au Medication Shield, une technologie d'aide à la pharmacovigilance issue d’une collaboration avec l’ANSM. Elle pré-code les effets indésirables selon la classification internationale MedDRA, et les classe par degré de gravité pour prioriser les cas les plus complexes pour les équipes de pharmacovigilance.

Synapse propose donc une application grand public destinée aux patients ainsi qu’une plateforme destinée aux professionnels de santé hospitaliers et de ville. 

Représentation tri-partite de la solution apportée par Synapse aux patients, hopitaux et officines.

Un partenariat au service de la pharmacie clinique 

Également, dans le cadre du partenariat avec l’Institut Bergonié, le développement d’un outil de conciliation spécifique aux essais cliniques est en cours. L’objectif : apporter un gain de temps pour les professionnels de santé, une fiabilité et une reproductibilité de l’analyse en sécurisant les inclusions dans les études de phase précoces.

Dr. Barbara Lortal-Canguilhem, docteur en pharmacie, chef de service de la PUI (Pharmacie à Usage Intérieur) à l'Institut Bergonié, témoigne :“Travailler avec Synapse Medicine représente pour la pharmacie de Bergonié l’opportunité de  pouvoir concevoir des outils de pharmacie clinique sur mesure. Cette collaboration représente aussi un grand saut vers la modernité et l’IA, là où, il y encore quelques mois le stylo et le tableau Excel® étaient nos meilleurs amis. Le but de notre partenariat sera de modéliser, standardiser, et de rendre reproductibles les différentes étapes de l’expertise de pharmacie clinique, afin de pouvoir proposer conciliation, analyse d’interactions, et suivi des effets indésirables au plus grand nombre de patients.” 

 

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